Rencontre avec Mylène Lévesque, auteure de « Les canons du fort Boyard »

  1. Pouvez-vous nous présenter votre livre ?

 C’est l’histoire de Katia Lanois dont la vie bascule lorsqu’elle est appelée à retourner dans une vie antérieure afin d’empêcher le départ pour l’Afrique d’un navire chargé d’armes. C’est qu’aujourd’hui, ces armes menacent de tomber entre les mains d’un dangereux groupe terroriste. Elle remonte donc le temps pour se retrouver à La Rochelle, en 1889, où elle fait la connaissance d’Anaïs Bethany ‒ Katia dans une vie antérieure ‒, jeune fille fougueuse éprise de grands idéaux de justice. C’est cette dernière qui, aidée de ses compagnons, sera chargée d’exécuter sur le terrain cette mission aussi cruciale que risquée.

Ce livre, qui alterne entre présent et passé, invite le lecteur à suivre le regard de Katia et celui d’Anaïs qui s’entremêlent pour ne former enfin qu’une seule et même vision.

  1. Quel message voulez-vous transmettre au lecteur ?

 Dans ce livre, j’aborde des valeurs humanistes comme la justice, l’égalité (entre les sexes, les classes sociales et les peuples), la bienveillance et la tolérance envers son prochain, concepts qui me tiennent à cœur depuis toujours. Je ne supporte pas l’injustice ni l’égoïsme ; cela me rend malade. Petite, d’ailleurs, je me liais souvent d’amitié avec des personnes marginales ou isolées qui m’attiraient par leur silence.

La détermination et la résilience y sont aussi des valeurs charnières : Anaïs est une battante. Celle qui semble dotée de tous les talents reconnaît la chance dont l’a gratifiée la vie et se porte ainsi au secours des plus vulnérables. Éminemment altruiste, elle sait faire preuve de résilience et de débrouillardise, même si elle se brise parfois les ailes. Elle n’hésite pas non plus à faire appel aux autres pour l’aider à remplir sa mission et ne baisse pas les bras devant les obstacles qui se multiplient sur son chemin. Anaïs trouve toujours la force de puiser en elle un peu plus de courage pour parvenir à ses fins.

Avec ce roman, j’évoque également les concepts de vie antérieure et de réincarnation avec lesquels j’ai grandi et qui, selon moi, donnent un sens à notre passage sur Terre qui semble alors moins futile. 

  1. Quelles sont vos sources d’inspirations ?

 Depuis l’enfance, je baigne dans un monde qui donne une grande place à la spiritualité et à certaines idées qui pourraient être qualifiées d’« ésotériques ». Je n’ai jamais remis en question l’existence d’une force supérieure et créatrice. Au contraire, j’ai toujours eu la conviction d’être là où je devais être en ce monde et dans ma vie, bien que cette place ait présenté, à maintes reprises, son lot d’inconforts et d’épreuves.

Ainsi, au fil des années, j’ai fait quelques lectures sur la spiritualité et les vies antérieures et coécrit deux livres avec mon ami Yves Rochon sur le tarot et la numérologie. Toutefois, je souhaitais écrire un roman qui, bien que fictif, aborderait ces notions. Je me suis donc moi-même prêtée à une séance de régression par hypnose ‒ tout de même bien différente que celle à laquelle se livre Katia ‒, afin de documenter mon sujet. Et puis, j’aime les mots et la littérature par-dessus tout !

Les voyages constituent une autre de mes grandes passions. La pandémie ayant mis en suspens mes rêves d’ailleurs, j’attends impatiemment le moment de repartir à la recherche de nouveauté, de beauté et de rencontres fabuleuses, notamment sur les traces de mes ancêtres européens. Entre-temps, je parcours les récits de voyage à l’affût de destinations futures.

  1. Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?

J’ai toujours aimé dans les livres les personnages de femmes déterminées et fonceuses.

Aussi, c’est à la lecture de la série Hunger Games que j’ai eu l’idée de créer le personnage d’Anaïs, inspiré de celui de Katniss, jeune fille brillante, talentueuse, courageuse et, par-dessus tout, sensible et bienveillante. Un modèle féminin fort qui mise sur la collaboration plutôt que sur la compétition pour remplir sa mission. Hormis ces points communs entre les personnages, leur quête est bien différente.

Grande lectrice, je compte de nombreuses sources d’inspiration littéraire, classiques et contemporaines. Une odeur de gingembre, d’Oswald Wynd, demeure ancrée dans ma mémoire comme l’une de mes plus grandes lectures. C’est avec peine que j’ai dû retourner le récit extraordinaire de cette jeune écossaise sur les rayons de la bibliothèque municipale. J’ai également suivi avec fébrilité le destin de Gabrielle et d’Adélaïde dans la trilogie Le Goût du bonheur, de Marie Laberge. Plus récemment, ce sont les formidables héroïnes de L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante qui m’ont servi de prélude au sommeil. Sur ma table de chevet, un coffret renferme en trois volumes les œuvres complètes de Colette où je replonge entre deux romans.

  1. Si vous deviez vous décrire en trois mots, quels seraient-ils ?

 Il y a quelques années, je me suis fait tatouer une plume d’où s’échappent trois oiseaux. Pour moi, cette image illustre trois concepts qui me guident dans mon évolution : l’éveil, l’envol et l’écriture. L’éveil pour l’écoute, la bienveillance et l’ouverture au monde qui m’entoure ; l’envol pour la quête de plénitude essentielle à l’épanouissement et à la réalisation de son plein potentiel ; enfin, l’écriture, terreau fertile qui accueille les idées et les valeurs bienveillantes que je souhaite semer autour de moi.

  1. Quelle est votre citation favorite ?

« Votre âme connaît depuis toujours les chemins à emprunter pour atteindre sa splendeur. » (Yves Rochon, Les secrets de votre destinée. Découvrez votre mission de vie à partir de votre date de naissance)

Je suis particulièrement interpellée par l’idée selon laquelle chacun a une « mission de vie » à accomplir en se laissant guider par la Lumière, cette petite voix qui se manifeste sur notre chemin comme un guide et qui nourrit le sentiment d’aller dans la bonne direction. Pour ma part, cela ne peut se faire qu’en se tournant vers l’autre.

  1. Quel est votre rituel d’écriture ?

 Je préfère écrire le matin, mais il m’est arrivé de m’installer à mon poste à toute heure du jour. Parfois, j’écoute une musique douce, à peine audible, et surtout, sans paroles. J’enchaîne de courtes séances, de deux heures tout au plus, à l’ordinateur. J’entremêle alors recherche et écriture. Comme je ne suis jamais satisfaite du premier jet, je commence toujours par réviser ce que j’ai écrit précédemment. Il me faut du recul pour peaufiner les phrases. Lorsque je tique à la lecture d’un passage, je ne peux passer outre : je manie alors la phrase jusqu’à ce qu’elle coule, sans accrocs. Et si je me sens, à certains moments, inspirée et complètement absorbée par mon roman, l’écriture demeure pour moi un travail exigeant qui requiert temps et patience.

  1. Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

J’envisage de donner une suite à ce premier roman, en reprenant le personnage de Katia. Elle retournerait cette fois à une autre époque, peut-être toujours en France, dans un lieu mythique et porteur d’histoire. Je n’ai pas encore conçu de véritable trame, mais quelques idées surgissent de temps à autre, et je commence lentement à broder dans mon imaginaire ce qui pourra éventuellement prendre la forme d’un récit.

Je suis également en train de traduire en anglais le premier livre que j’ai coécrit avec Yves Rochon (Les secrets de votre destinée), afin d’en élargir la diffusion.

  1. Comment s’est fait le choix de votre maison d’édition ?

C’est un peu le hasard qui m’a menée dans la quête d’une maison d’édition. Je travaille sur ce projet de publication depuis plus de cinq ans et, résultat de la pandémie, les maisons d’édition croulent aujourd’hui sous les manuscrits, fruits d’une année où l’activité habituelle a été mise sur pause.

Les vacances estivales constituaient un moment propice aux derniers préparatifs entourant la production d’un livre, et je ne souhaitais pas attendre le désengorgement du monde éditorial. C’est ce qui m’a amenée à retenir les services des Éditions du Panthéon, une maison d’édition à compte d’auteur.

  1. Le mot de la fin ?

J’ai lu beaucoup de livres dans ma vie et je me demande, si je les avais tous conservés, combien de bibliothèques en seraient remplies ! Toutefois, c’est en menant à terme mon propre projet d’écriture que j’ai pris conscience de la persévérance que cela exige. Les livres n’apparaissent pas sur les rayons comme par magie. Chacun a sa petite histoire derrière laquelle se cache une plume vivante et unique.

Maintenant que j’ai terminé l’écriture de ce roman, je prends davantage le temps d’apprécier chaque phrase que je lis, sachant que l’auteur ou l’autrice a pesé chaque mot pour en arriver à ce résultat. Je reconnais de petits chefs-d’œuvre dans des phrases qui pourraient sembler anodines, perdues dans la masse des mots. J’espère que mes lecteurs et lectrices pourront recueillir, dans Les canons du fort Boyard, des bribes éparses de ce travail d’orfèvre et en tirer quelque plaisir.

Découvrir "Les canons du fort Boyard" : https://bit.ly/3w0kMEf

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