Rencontre avec Séverine Bizeau, auteure de « La dépendance à l’alcool : l’art-thérapie au cœur du dépassement »

1. Pouvez-vous nous présenter votre livre ?

Mon livre est la transposition de mon mémoire de fin d’études en Art Thérapie. 

Ce livre – témoignage relate mon combat contre l’alcool et quelles ont été mes armes pour m’en sortir. Ces armes sont les outils de l’Art Thérapie, technique que J’ai découverte en 2012 et que j’ai véritablement expérimentée en 2017. 

Il y a trois volets dans ce livre: Un volet témoignage qui représente le fil conducteur de l’ouvrage, un volet théorique qui explore les pistes des psychanalystes référents (Freud, Young, Lacan…) sur les causes de la maladie alcoolique, et enfin un volet consacré à la force des « protocoles » d’Art Thérapie, en d’autres termes les « exercices » qui nous conduisent à comprendre nos blessures :

  • Tout d’abord par un ressenti, une expérience, un vécu « corporel » : ou comment notre corps est le premier « outil » à exploiter pour ressentir physiquement les émotions, les douleurs, les colères, etc.
  • Vient ensuite une série de questionnements psychologiques et mentaux sur l’exercice pratiqué pour faire le lien « corps – esprit »
  • Enfin, pour entériner la séance et comment « dépasser » cette blessure, cette colère, ce manque, etc., un moment de créativité est nécessaire : peinture, dessin, écriture, parole... afin de « matérialiser » / « concrétiser » le ressenti.

(NB : ne pas se méprendre ! La séance créative n’est pas un concours artistique, mais une concrétisation sur un support des ressentis vécus et des émotions contactées).

2. Quelles sont vos sources d’inspirations ?

Comme c’est un témoignage, c’est autobiographique ; donc mon inspiration vient en premier lieu de mon vécu de malade alcoolique, tel le fond du gouffre que j’ai touché, puis les espoirs d’une première abstinence, balayés par une rechute qui nous remet à terre … 

Et comme le déni est dépassé, on recommence le cycle jusqu’à être aligné corps-âme-esprit et abstinent. 

C’est aussi une inspiration dont la source est les auteurs, des psychologues de renom qui ont tenté de comprendre l’addiction : c’est excessivement enrichissant et aussi déculpabilisant de comprendre cette maladie sous le filtre de l’analyse psychologique.  

3. Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?

Mon parcours d’auteure n’est pas classique puisque le mémoire est devenu livre, donc je n’ai pas forcément eu d’inspiration spécifique.

Cependant, avant de poster mon manuscrit sur le site des Editions du Panthéon, j’ai regardé sur les sites d’e-commerce ce qui existait en matière de témoignages de malades alcooliques. 

Un livre m’a particulièrement touchée, c’est celui de Laurence COTTET « Non ! J’ai arrêté », dont l’histoire m’a bouleversée tellement j’ai pu m’y identifier. Aujourd’hui, elle œuvre activement à accompagner les personnes malades à se sortir de cet enfer (page Facebook, guides associés, ect.). Son parcours est exemplaire. Cela m’a motivée à poster mon mémoire. Nous ne serons jamais trop nombreux à dénoncer les dangers mortels de l’alcoolisme.

4. Si vous deviez vous décrire en trois mots, quels seraient-ils ?

Passionnée, hyper sensible, créative

5. Quelle est votre citation favorite ?

J’en ai deux :

- « Ce ne sont pas les évènements qui influencent les individus, mais les individus qui influencent les évènements ».

Dane Rudhyar, créateur de l’Astrologie humaniste et philosophe

- « Tout ce qui n'arrive pas à la conscience reviendra sous forme de destin ». 

Carl Gustav Jung, médecin psychiatre

6. Quel est votre mot préféré ?

Acceptation

7. Quel est votre rituel d’écriture ?

Dès 6h-7h du matin jusque vers 11h

8. Le livre que vous auriez aimé écrire ?

« Le petit Prince » d’Antoine de Saint Exupéry

9. Stylo ou clavier ?

Clavier

10. Le mot de la fin ?

L’alcool fait des ravages en France. 

Mais il n’y a pas de fatalité !

Le bonheur d’être sobre et de profiter pleinement de la vie, de « déguster » l’instant présent et ce, en pleine conscience : cette vie-là n’a pas de prix, elle est juste extraordinaire !

Chacun, même dépendant, peut goûter à ces joies simples et épanouissantes et s’en sortir, OUI, c’est à portée de main : l’étape clé est de sortir du déni. 

Le chemin de l’abstinence est semé d’embûches et de découragements, d’affres douloureuses et de rechutes. 

Une fois que l’on a accepté cela, le cheminement intérieur s’opère et la délivrance est au bout du chemin. 

Découvrir "La dépendance à l'alcool : l'art-thérapie au cœur du dépassement" : https://bit.ly/3627tYt

 

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